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Expositions

par Ingrid Perbal

Le musée Champollion fait peau neuve

Bonne nouvelle pour les amateurs de l’Égypte pharaonique : le musée Champollion de Figeac rouvre ses portes après deux années de travaux. Ayant grignoté sur les maisons voisines, il occupe désormais 4 niveaux de 200 m2 chacun, outre la maison natale de l’égyptologue. L’équipe d’architectes, l’agence Moatti & Rivière, a souhaité donner une identité visuelle forte à l’ensemble : la façade donnant sur l’une des places principales de la ville est composée d’une feuille de cuivre percée de mille caractères d’écriture du monde entier, lui conférant des allures de moucharabieh. Inauguré en 1986, le musée souhaite, avec son nouveau parcours, devenir un lieu de référence sur les écritures du monde ; le visiteur y découvrira des pièces égyptiennes mais aussi bien d’autres objets archéologiques racontant l’histoire de l’écriture depuis ses origines, il y a près de 5300 ans.

Musée Champollion Place Champollion 46100 Figeac

Habiter la « Rue »

Presque intimidée, Latifa Echakhch présente sa dernière installation dans la « Rue », immense halle sous verrière du Magasin, le centre d’art contemporain de Grenoble. L’artiste y décline « le système ornemental musulman banal de l’étoile à huit branches. Au lieu de la reproduire à l’infini, je l’ai déstructurée ». Au sol donc, un vrai jeu de piste fait de bandes de goudron, que l’on peut suivre pour tomber au détour d’un chemin sur d’autres installations, tel ce tas de sucre en morceaux jeté au hasard sur le sol, Principe d’économie II. « Au Maroc, explique l’artiste, le sucre se vend en pains coniques de 2 kg que l’on casse ; on en jette un morceau dans le thé que l’on partage ensuite avec tous. Ici, le sucre est en morceau et l’on boit son café individuellement ! » Arrivée du Maroc en 1978, à l’âge de 4 ans, elle reconnaît que la culture arabe populaire l’a façonnée au même titre que la culture française. Face « aux gens qui me questionnent sans cesse par rapport à cela, c’est comme si je réglais ces choses petit à petit », à travers ses œuvres et des histoires d’allers-retours.

« Il m’a fallu tant de chemins pour parvenir jusqu’à toi » Le Magasin – CNAC 155, cours Berriat 38028 Grenoble - Jusqu’au 2 septembre

Les figures hiératiques de Djamel Tatah…

Le Parvis, centre d’art contemporain, présente sur son site d’Ibos une rétrospective des récentes peintures de Djamel Tatah. Une vingtaine d’œuvres (une dizaine de grandsformats et autant de petits), datées de ces deux dernières années qui toutes reprennent ces fameux personnages que décline l’artiste. Ces femmes, hommes ou enfants aux vêtements sombres, semblent être des points flottant sur des fonds sombres proches en général de bleu ou de noir. Généralement présentés frontalement, debout, ils paraissent fixer un horizon lointain et se défilent à notre regard. Tantôt, deux personnages ou plus se bousculent sur la toile sans se croiser, sans discuter entre eux. Les figures semblent figées laissant ainsi place à l’expression d’une foule d’autres sentiments, plus intimes peut-être, mais qui sont empreints d’une certaine tristesse ou de nostalgie.

… et les Histoires de Zineb Sedira

Sur son site de Pau, le Parvis présente des vidéos de Zineb Sedira qui toutes interrogent à leur manière les origines de l’artiste. Cette fille d’immigrés algériens installés en France travaille aujourd’hui en Angleterre et a fait des séjours réguliers en Algérie pour filmer, photographier, capter les traces d’un passé et d’une histoire. D’autres fois, elle creuse la mémoire familiale qu’elle consigne en images, comme dans cette fameuse vidéo, Retelling Histories, my mother told me… (2003) dans laquelle sa mère se confie à elle sur un sujet douloureux et recouvert en général du voile de la pudeur : la guerre d’Indépendance.

Djamel Tatah & Zineb Sedira -  Le Parvis, Centre d’art contemporain Site d’Ibos : Centre Leclerc Méridien, route de Pau 65420 Ibos Site de Pau : Centre Leclerc Univerdis, allée Louis-Sallenave 64000 Pau - http://parvis.net" target="_blank Jusqu’au 29 septembre

Sur la route de l’Égypte

Le département des tapis et arts textiles du musée Bargoinde Clermont-Ferrand poursuit la présentation de la collection de textiles, bijoux et vannerie quilui a été léguée en 2002 par les paysagistes Arnaud Maurières et Eric Ossart. Ce volet, consacré aux pays du Maghreb, se prolonge jusqu’en Égypte saharienne. Les deux passionnés se sont laissés séduire par des textiles qui ont en commun de traduire les savoir-faire des femmes. Des vêtements, mais aussi des objets usuels tel ces sacs qui tout en étant pensés pour résister à l’usage, n’en sont pas moins révélateurs du statut de leur propriétaire par la richesse de leurs décors. Partis des contreforts de l’Anti-Atlas, les voyageurs ont achevé leur périple en Égypte, à Siwa, avec des tissus rapportés au début des années 90, lors de l’ouverture aux étrangers de l’oasis. Le second volet de l’exposition, prévu fin 2008, sera consacré à des pièces de Turquie, de Palestine, du Yémen ou encore d’Irak.

En partance… Collection Maurières-Ossart - 1er voyage : du Maroc à l’Égypte - Musée Bargoin 45, rue Ballainvilliers 63000 Clermont-Ferrand Jusqu’au 16 septembre

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